La Loire en texte

La Loire traverse 14 des 24 communes de l'agglomération nantaise. Et toutes les communes d'une façon ou d'une autre avec ses affluents vivent avec la Loire.

La Loire en texte

Le petit cours d’histoire de la Loire

Une fonction portuaire évidente

Dès l’époque gallo-romaine, Nantes mais également Rezé sont des ports. Au Moyen Âge, Nantes est active, ainsi que des ports d’étier qui sont autant d’avant-ports disséminés le long de l’estuaire. La situation privilégiée de notre territoire a déterminé la fonction portuaire d’un site qui est aujourd’hui le quatrième port de France, le premier de la façade atlantique, avec un trafic de près de trente-cinq millions de tonnes de marchandises par an. Dès le XVIe siècle, les plus gros navires chargés de cargaisons destinées à Nantes débarquent leurs marchandises à Couëron alors que Paimbœuf s’impose au XVIIIe siècle. Mais au XXe siècle s’affirment les sites proches de l’embouchure : Saint-Nazaire, Donges, Montoir.

L’estuaire industriel

Dans le prolongement du commerce colonial, se sont développées les industries nantaises de la raffinerie de sucre, de la biscuiterie, les industries agro-alimentaires… L’accroissement est tel qu’à partir des années 1880, l’estuaire fait figure de complexe industriel, aspect qui marque désormais le paysage d’une manière indélébile tant par ses usines que par ses friches industrielles.

L’aménagement de la Loire

A partir de 1750, les hommes cherchent à domestiquer la nature, améliorer la navigabilité en domestiquant le chenal, faire entrer l’estuaire dans l’ère industrielle. Jusqu’en 1875, on a resserré le cours d’eau entre des digues pour augmenter la vitesse du courant et donc le pouvoir érosif et gagner en profondeur. De 1875 à 1900, le lit du fleuve ensablé et impraticable a été doublé par un canal latéral artificiel de Paimboeuf au Pellerin. Enfin au 20ème siècle, pour permettre l’intrusion de l’onde de marée dans le fleuve afin de favoriser le chenalage des bateaux, de grands travaux sont entrepris : bassin à marée en amont de Nantes, endiguements etc...
La présence de l'eau au cœur de la ville devient au XXe siècle un obstacle avec le développement des transports nouveaux comme le chemin de fer ou l'automobile. La menace des inondations aggrave la situation en submergeant les voies et en mettant en danger les ponts. Combinée à d’autres problèmes, la situation est telle que des travaux de comblement de la Loire commencent en 1926 et dureront 20 ans. A l’issue de ces grands travaux, la physionomie de Nantes s’est radicalement modifiée. Le fleuve a laissé la place à de grandes artères de circulation, au nouveau tracé du chemin de fer et à d’immenses esplanades non loties, qui serviront ultérieurement à l’aménagement d’espaces verts et de parking.

Le dernier fleuve sauvage d’Europe

Caractéristiques du fleuve

La Loire prend sa source au Mont Gerbier de Jonc en Ardèche. Quand elle arrive dans l’agglomération nantaise, elle a déjà parcouru plus de 950 km et il lui reste 60 km pour rejoindre l’Océan Atlantique. Nantes est au cœur de l’estuaire. Le bouchon vaseux, sédiments fins transportés par la Loire et maintenus dans l’estuaire par la marée montante, se forme à la rencontre des eaux douces et marines.

La qualité de l’eau dans la partie nantaise dépend de la nature des substances apportées par le fleuve et par la mer : certaines se dissolvent, d’autres se fixent sur les sédiments transportés. En ce qui concerne les micropolluants, l’estuaire de la Loire est relativement sain en termes de contamination métallique, par les hydrocarbures ou par les PCB, par rapport aux deux autres grands estuaires français (Seine et Gironde). La bonne qualité de l’eau permet le prélèvement de 40 millions de m3 d’eau potable chaque année à Mauves-sur-Loire pour Nantes et son agglomération, mais aussi ponctuellement pour la région nazairienne.

Faune et Flore

Grèves, vasières, roselières, prés de Loire, bras de Loire, prairies humides, boires, bocages... La Loire offre une grande diversité de milieux. Elle s'ouvre sur une vaste plaine alluviale de près de 20 000 hectares, en partie submersible qui offre une mosaïque d'une centaine d'habitats qui assurent une variété de fonctions écologiques essentielles à l'accomplissement du cycle biologique de nombreuses espèces animales.

L’estuaire de la Loire abrite une faune et une flore d’une remarquable diversité, c’est un lieu privilégié pour des milliers d’oiseaux et de poissons, migrateurs ou sédentaires : certains y passent toute leur vie, d’autres ne nous font qu’une petite visite à un moment de leur cycle biologique pour se nourrir, se reproduire ou se déplacer. 600 espèces de plantes supérieures, près de 250 espèces d’oiseaux, 50 de mammifères, 40 de poissons et une vingtaine de reptiles et d’amphibiens y sont présentes.

La Loire est le témoin de notre histoire, de l'action des hommes pour rendre le fleuve navigable, pour récupérer des terres, du sable, des espaces. Les usages traditionnels pâturage fauche ont modelé un paysage ouvert ; les aménagements réalisés et l'urbanisation ont transformé l'estuaire : les habitats naturels, le faune, la flore, les usages s'adaptent ou non, évoluent ou disparaissent. Ainsi vit l'estuaire, tantôt enrichi, tantôt appauvri. Le maintien de cet équilibre estuarien est entre nos mains ; à nous de faire bon usages de cet espace remarquable pour qu'il vive et continue à écrire notre histoire. »

Notre quotidien autour de la Loire

L’estuaire de la Loire est un lieu complexe mêlant activités traditionnelles humaines (l’agriculture, la pêche) et des activités économiques et industrielles importantes pour la région et le département.

Agriculture et pêche

Il s'agit essentiellement d'exploitations d'élevage de bovins. Ainsi, 50 % des surfaces sont consacrés à la production de bovins pour le lait et 43 % aux bovins pour la viande avec une très large partie de l'assolement en herbe. La production accessoire de maïs fourrage vient parfois compléter l'alimentation des animaux. Le reste des surfaces est destiné à la production de céréales.

Concernant la pêche, elle se caractérise au niveau de l'estuaire par sa dimension artisanale et regroupe autour de Saint-Nazaire et des ports satellites (Paimboeuf, Mindin, Saint Nazaire), une trentaine de navires de pêche de faible tonnage. Ces navires sont spécialisés dans la capture d'espèces saisonnières (civelles pêchées au tamis, crevettes grises pêchées au chalut de fond, coques, moules) et d’anguilles, de baudroies, d’aloses. La plupart sont des navires polyvalents, qui pratiquent des pêches variées suivant la saison.
Le caractère navigable de la Loire au niveau de l'estuaire offre la possibilité d'accueillir la navigation de plaisance et la pêche professionnelle. Ces activités restent néanmoins aujourd'hui peu développées et génèrent un trafic relativement faible.

L'activité industrielle et portuaire

L'estuaire de la Loire est, depuis un siècle et demi, un moteur de développement industriel autour de l'activité portuaire. Les constructions navales et aéronautiques, l'énergie, l'agroalimentaire et la logistique constituent les principaux moteurs de ce développement. En 2012, la filière navale représentait localement environ 2300 emplois directs et 4200 emplois indirects. Concernant l'activité portuaire, l'évolution de la demande du commerce maritime depuis le dix-neuvième siècle, a conduit au développement des infrastructures maritimes actuelles. L'accroissement considérable des échanges maritimes, l'évolution de la taille des navires et le souci de sécurité et de sûreté de la navigation ont progressivement fait évoluer les implantations portuaires et industrielles.

Tourisme

La fonction touristique de l'estuaire s'est fortement développée ces dernières années, au travers notamment de la biennale d'art contemporain de l'Estuaire permettant la  redécouverte des sites estuariens ou de l'opération « La Loire à vélo».
L'estuaire est caractérisé par des secteurs naturels difficilement accessibles ce qui a été et reste une des conditions de conservation de vastes habitats naturels et zones de quiétude.